Misha : Comment je vois Ian.
J'ai croisé un jeune homme au regard triste. A peine bavardé avec lui, je n'existais pas alors.
Mais, je l'ai revu un an plus tard. Dans ce FIJ surpeuplé. Il avait l'air moins chagriné, mais je sentais de la souffrance émaner de lui.
Puis...
Cette sensation de déjà vu. De bribes de souvenirs qui dansent, dansent.
"Etes-vous un soldat Italien?..." demandai-je ce jour là, sous cette pluie battante. Sans doute que mes yeux d'ambre, le lui ont rappelé.
Que mes pas sur le pavé devaient lui rapporter des réminescences.
Voilà presque 7 mois maintenant que nous repartageons cette vie.
Ian m'est indispensable. Parce que je suis vide sans lui, qu'il me remplit de tous ces manques qui m'accablent. Est-ce sa main tendue vers moi? Ses yeux de braise, sa peau pâle?...
Je me sens différente quand il est là. Et son odeur m'enivre.
Il est la chose la plus précieuse que je puisse avoir désormais. Bien que chose est une insulte, il est mon fiancé, mon promis. Il serait plus juste de l'appeler ainsi.
Encore hier, devant ce coucher de soleil. Une si belle vue que personne ne remarque, parce que personne ne vit vraiment. Je me rends compte que... Même si tout tombe en ruines, même si l'espoir se dissipe, même si la mort règne en maîtresse ; je suis certaine d'une chose, tant que Ian sera là, ce sera supportable.
Me voilà en L. Pourtant j'ai douté, en me disant intérieurement que malgré mon titre d'écrivain, il y avait beaucoup de candidats. Que je ne serai pas prise malgré mes talents.
Et finalement non, Ian a cru en moi, il a sans doute eu raison, l'idée que nous soyons élèves dans la même section m'excite beaucoup...!
"Oui, même si tout s'éteint, Nankurunaisa! Parce que toi et moi nous portons cette alliance d'argent, promesse de lendemains qui chantent!"
Ian : Comment je vois Misha.
Je me rappelle des instants, d'une question et d'un jardin.
Je vois Mathilde comme une personne unique, chaque individu l'est évidemment, mais peu le sont pour nous-mêmes et pourtant je te vis comme telle dès le début.
La question fut de te demander ton mail pour échanger, j'ai aimé le lien qui s'est institué très vite entres nous, de parler à bâtons rompus de nombreuses choses, de tous sujets.
Dynamique et lumineuse.
Et en quelques rendez-vous, je t'ai trouvé souvent juste, pertinente, impertinente quand il le fallait et très belle.
Un banc dans un jardin et une princesse endormie, un baiser plus loin et c'est en couple que nous en sommes sortis.
Cette femme je la vois grandir, rentrer en lettre à mes cotés, se battre pour être publiée.
Et devenir de plus en plus belle.
C'est un plaisir de partager avec toi, de lire, chanter, te regarder dessiner, rôler, se balader ou railler les idiots.

